BACK TO THE FEATURE INDEX

Devenir professeur des écoles n' a pas été chose facile pour moi. Non seulement le niveau à atteindre était élévé, mais aussi je dois le dire, je n'avais pas envie de quitter le milieu scientifique.

Mes études ont toujours été axées sur la science parce que je m'intéressais énormément à la biologie. Pourtant j'ai choisi l'enseignement après cinq années en fac de sciences. Pourquoi ? Parce que les emplois que l'on nous propose dans le domaine scientifique coûtent très cher. Pour environ 900 demandes on peut s?attendre à une vingtaine de places seulement. Je préférais réussir ma carrière dans l'enseignement -une fois qu'on y est, on a sa place- que de me retrouver chomeuse quelques années plus tard. De plus, le niveau d'études après ma maîtrise était encore plus élévé et je ne me sentais pas capable de continuer au-delà. J'ai donc décidé de préparer le concours de professeur des écoles à Grenoble dans l'Isère. Mais finalement avec du recul, je ne regrette rien. Les enfants doivent apprendre les mathématiques, la biologie, la technologie et tout compte fait je reste dans le domaine scientifique.

Maintenant je me rends compte que je n'étais pas faite pour rester dans un bureau d'étude ni dans un laboratoire mais que j'aimais le contact avec les enfants et éprouvais beaucoup de satisfaction à leur transmettre tous mes savoirs. Enseigner est un métier tellement diversifié et passionnant que l'on ne s'ennuie jamais. Etre professeur des écoles c'est être polyvalent. C'est très excitant car on doit s'intéresser à tout, confronter l'inconnu et finalement on s'enrichit de jour en jour. C'est un métier qui permet de se former intellectuellement et psychologiquement aussi car l'on doit se remettre en question constamment.

Mais pour en arriver là, il m'a fallut un certain bagage. En effet, pour intégrer l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres ( l'IUFM), on exige un niveau licence minimum. Après un baccalauréat D je me suis dirigée vers un Diplome d'Etudes Universitaires Générales à dominante biologie. J?ai ensuite étudié pendant un an pour obtenir une licence de biologie des organismes. A partir de ce moment-là j'ai tenté d'entrer à l'IUFM mais je n'avais pas un assez bon dossier. C'est pourquoi j'ai passé l'année suivante en maîtrise de biologie des populations et des écosystèmes.

C'est seulement après cette année-là que j'ai pu accéder à l'IUFM. Que l?on veuille devenir professeur des écoles, des collèges ou des lycées, la formation se fait en deux ans. L?entrée en seconde année se fait sur concours, et il faut savoir qu?il n?y a que 400 places pour 2500 candidats. Si la première année est consacrée à la preparation du concours, en deuxième année on devient professeurs stagiaires et l'on est rémunéré. La titularisation est finallement proclamée une fois que l?on a demontré ses compétences dans la classe lors du dernier stage en école. A partir de ce moment là on peut se retrouver à la charge d'une classe pour toute la vie si tout va bien.

Bien sûr on ne nous lâche pas dans "l'arène aux fauves" sans préparation. En première année on doit passer trois stages de deux semaines dans une classe, en binôme et toujours en présence du professeur responsable de cette classe. En deuxième année on devient totalement responsable de la classe. Ces stages permettent de former le futur professeur des écoles non seulement sur la manière d'enseigner mais aussi psychologiquement. Ce n'est que lorsque l'on est debout devant une classe que l'on peut vraiment se rendre compte de si l'on est fait ou non pour ce métier. Ce qui m?a surprise la première fois c?est combien il est important d'avoir préparé sa classe ?les élèves le sentent très bien quand on ne l?a pas fait! Et que l'on soit devant des petits bouts de 3 ans ou des grands de 11 ans la peur est la même car finalement, on se retrouve seul maître à bord et c'est dur de diriger le bateau.

Je plains beaucoup les étudiants qui veulent devenir professeurs maintenant car le niveau du concours augmente considérablement. Chaque année le nombre de candidats s'accroît alors que le nombre de postes ne bouge pas. Et pourtant, à chaque rentrée scolaire, les classes sont surchargées avec 30 élèves en moyenne et le professeur ne peut s'occuper des enfants au cas par cas, ce qui est bien dommage.

Pour ma premiere année d?enseignement j?ai été affectée sur un poste de brigade, c'est-à-dire de remplaçante sur de courtes durées. Cela m?a été très formateur car m'a permis d?être en contact avec différentes pédagogies et de finallement me forger la mienne. Ce qui n?était pas évident par contre avec ce poste c?était de toujours devoir arriver comme un cheveu sur la soupe. On ne se sent certainement pas à l?aise au début, mais à force, on s?habitue.

La maternelle est le niveau que je préfère. Les enfants sont tellement naturels et spontanés à cet age. Les plus grands sont pourtant plus autonomes mais le mode de fonctionnement de la classe ne me plaît guère. Une journée en élémentaire est moins diversifiée, moins souple - il faut suivre le programme avec rigueur ? et il y a moins de moments passés en collectif. Aussi, il faut passer plus de temps à corriger les copies et préparer les cours. Et surtout, en maternelle on peut avoir des journées tres comiques! Les petits ont énormément de mal à rester dans le sujet. On peut être en train de parler du gâteau que l?on va préparer pour l'anniversaire de Paul et tout à coup vous avez Caroline qui vous raconte qu'hier elle est allée faire du patin à roulettes dans le parc. Et le pire c'est que les autres se mettent tous à raconter leur petite histoire et votre séance est fichue!

Les sciences sont présentes à l'école maternelle comme à l'école élémentaire. Bien entendu, le niveau d'exigence n'est pas le même. En maternelle, il s'agit surtout d'une initiation au monde. L'enfant y découvre le monde de la vie et des objets. Il apprend à le connaître et à le respecter. Il pose des questions et cherche des réponses. Il apprend à conduire ses actions, à en prévoir les résultats, et à expliquer les évènements par la parole. En élémentaire, l'élève, par la mise en oeuvre de certains aspects de la démarche scientifique, apprend à formuler des questions, à proposer des solutions raisonnées à partir d'observations, de mesures, de mises en relation de données et d'exploitation de documents.

Avoir une formation scientifique est trés utile dans une classe étant donné qu?il y a souvent de multiples compétences à acquérir pour conduire une activité. Si de plus le maître possède quelque peu un esprit scientifique, cela ne peut qu'être bénéfique pour les élèves car c'est lui qui va les motiver et les aider à avoir un esprit de synthèse ainsi qu'une logique qui leur servira tout au long de leur vie.

L? élève acquiert à l?ecole des connaissances et des compétences qui lui permettront de comprendre progressivement le monde dans lequel il vit, d'agir sur lui et de le respecter. Et la science joue un role tres important dans cet apprentissage.